Eghone

Confondre la carte avec le paysage

Avec les écrans omniprésents dans nos vies, toujours au plus près de nos yeux, et souvent un passage obligatoire lorsqu’il n’est pas contraint, les mots sont partout.

Ce blog contribue d’ailleurs à en avoir encore un peu plus. C’est pour cela que je fais le choix, outre de ne pas avoir le temps, de ne pas solliloquer pour rien. C’est une des caractéristiques de la rentabilité du web : produire tous les jours. Heureusement pour vous, et pour moi, je n’ai pas besoin ici de rentabilité.

Mais revenons-en aux écrans. Je pensais sans doute à tort que les écrans étaient le symbole même d’une société picturale. Elle l’est. Incontestablement. Mais les mots sont tout de même partout. Et comme vous le savez, au commencement fut le verbe. Ainsi notre langage influence considérablement la perception de notre environnement, notre compréhension du monde.

Trop de mots trouble cette perception. Le paysage que vous observez, vous seul, n’est pas la carte que d’autres ont conçue et que vous lisez. L’écrit nous soustrait alors du monde qui nous entoure.

Et cela aujourd’hui prend une tournure bien particulière. Exacerbée. L’omniprésence de l’iA donne un sens nouveau et inconnu à la force du verbe. Les mots perdent ainsi le génie créatif, d’une âme unique forgée par une trajectoire unique. L’iA c’est la forge hypercapitaliste d’une succession frénétique et inintérompue de mots, tous volés à d’autres, mélangés, secoués, reconstitués par les algorithmes conçus par quelques-uns.

La véracité du monde ne passe pas par cette succession de mots. Même si cela a du sens. Ces mots-là n’ont d’intérêt que s’ils sont écrits après une perception, une observation et une analyse de cette intelligence humaine que j’évoquais. Unique et inimitable.

Vous voulez savoir pourquoi l’IA ne pourra jamais vous remplacer ? Éteignez donc votre téléphone et sortez faire un tour. 1

  1. (Kit Wilson in The real crisis of literacy - New Statesman - 16/11/2025)

#iA #monde #perception #réflexion